Tsukushi marchait sur le petit chemin de terre, l'air rêveuse, observant cet environnement rempli de différents parfums tous plus agréables les uns que les autres...Un plaisir pour l'odorat. Ses cheveux longs et lisses lui tombaient jusqu'à la taille et le soleil les illuminait, donnant naissance à une multitude de reflets bruns ou dorés, tout autant qu'il créait une certaine transparence dans ses yeux, qui devenaient d'un noisette hypnotique...Plissant légèrement les choses qui lui permettaient de voir autant de beauté, elle mit alors sa main sur son front afin de regarder le ciel qui s'offrait à sa vue.
Ce mélange grisâtre, rosé, qui se confondait dans un blanc jaunie par les rares rayons du soleil qui arrivaient encore à traverser cette épaisse matière contenant ce liquide si frais, qui tombait en ce moment même dans toute la forêt…Claquant, glissant, roulant sur les feuilles mourantes…annonçait l'approche tardive de l'automne. Le vent soufflait au travers des branches, les bousculant dans un bruit sourd : Mais ça ne gâchait rien à ce paysage déjà si charmeur.
La demoiselle s'arrêta, croisant les bras, observant cette beauté qu’on a le don d’appeler nature, avec une admiration qui se lisait clairement sur son visage : Un petit sourire enfantin sur les lèvres, les yeux brillants.
Mais est-ce qu’elle est heureuse ?Faudrait savoir, cette expression à la fois joyeuse et nostalgique...Que même moi je ne pourrai vous dire ce qu’il faudrait comprendre en la voyant ainsi.
Elle se rappelait, c’est tout.
Cette vision magique, faisait remonter en elle des souvenirs aussi immortels les uns que les autres, des fragments de son passé qu’elle avait depuis longtemps; Parce que ce sont les seuls…les vrais.
Un rayon, plus brillant, plus fort, parvint à creuser le nuage qui lui faisait barrière, éblouissant la jeune fille, qui tourna la tête en la baissant légèrement, humidifiant son regard. Et elle resta ainsi, durant quelques secondes, à cerner les moindres détails de la pelouse verdâtre qui sombrait dans des couleurs ternes…comme sa vie, depuis quelques années. Qu'allait -elle faire maintenant?Aller en cours? Non, elle ne commençait qu'a 15h...ce qui lui laissait le temps d'admirer ce paysage parfait.
Elle décida donc de s'allonger dans l'herbe, un peu plus loin. Sombrant dans la verdure d'où sortaient quelques orchidées et autres fleurs embellies, puis soupirant, elle ferma les yeux pour se délecter du silence qui régnait dans les bois à cette heure tardive de la matinée.